L'entretien que nous fabriquons
Le soin moderne du cheval peut devenir une longue liste de nécessités : plus d'exercice, plus de gestion alimentaire, plus d'enrichissement, plus d'intervention sur le sabot, plus de compléments, plus de correction comportementale, plus de planification, plus d'outils. Chaque élément peut être raisonnable dans son contexte. La liste peut néanmoins masquer une question plus vaste.
Quelle part de cet entretien est-elle vraiment inhérente au cheval, et quelle part avons-nous fabriquée par la manière dont le cheval est tenu ?
La structure circulaire
Un environnement restreint le mouvement, le contact social, le temps de pâture, le choix, la variation du sol ou le comportement naturel. Des problèmes apparaissent alors. Les humains répondent par des routines de soin conçues pour compenser ces problèmes. Avec le temps, la compensation devient la norme, et l'on conclut que les chevaux exigent simplement une gestion intensive.
L'environnement qui a créé le besoin n'est plus remis en question.
C'est là le paradoxe des soins.
Une question différente
Au lieu de demander seulement « De quoi ce cheval a-t-il besoin de ma part ? », Equine Notion demande aussi « Que manque-t-il dans l'environnement pour que ce besoin apparaisse si souvent ? »
Si un cheval a besoin d'une stimulation artificielle constante, l'environnement est-il trop pauvre ? Si un cheval a besoin d'un contrôle alimentaire strict, l'accès au fourrage est-il peu naturel ? Si le stress social est constant, l'espace ou la répartition des ressources sont-ils inadaptés ? Si le corps exige un exercice programmé pour compenser l'immobilité, pourquoi le mouvement ordinaire est-il absent ?
Ces questions n'accusent pas le propriétaire. Elles élargissent le champ de la responsabilité.
La compensation n'est pas un échec