Le volume est lui aussi une pression
Une voix forte n’est pas automatiquement rude. Les chevaux peuvent vivre entourés de vent, du mouvement du troupeau, de machines, d’oiseaux, de pluie et de bien d’autres sons puissants. Mais le volume humain porte une direction, une émotion, une attente et une proximité. Un appel joyeux et sonore peut malgré tout être ressenti comme une pression lorsqu’il vise un cheval qui n’a pas choisi l’interaction.
Le son a un poids.
Le cheval entend plus que les mots
Les chevaux n’ont pas besoin de comprendre le langage humain pour réagir à la qualité émotionnelle d’une voix. Le ton, la hauteur, le rythme, le volume et la tension portent tous une information. Une voix basse et régulière peut signaler une présence. Une voix sèche peut surprendre ou avertir. Une voix aiguë et excitée peut accroître l’éveil même quand les mots sont doux.
La question n’est pas de savoir si parler est bon ou mauvais. La question est de savoir si la voix aide le cheval à comprendre la situation ou si elle en accentue l’intensité.
Une louange sonore peut malgré tout être excessive
Les humains récompensent parfois par un brusque volume. Un « C’est bien, ma belle ! » surgit fort, vite et de près. L’humain veut exprimer son approbation. Le cheval peut, lui, vivre une soudaine bouffée de son associée à un mouvement humain. Certains chevaux tolèrent cela sans peine. D’autres se contractent, relèvent la tête ou s’écartent.
Une réaction à une louange bruyante n’est pas de l’ingratitude. C’est une information sensorielle.
Ce qu’il faut observer
Remarquez si le corps du cheval change quand votre volume change. La tête se relève-t-elle ? La mastication s’arrête-t-elle ? Le cheval s’oriente-t-il vers vous ou s’en détourne-t-il ? S’approche-t-il plus volontiers quand la voix est plus basse ? Le silence suscite-t-il plus de curiosité que l’appel ?
La réponse ne sera pas identique pour chaque cheval. C’est précisément pour cela que l’observation compte.